Violence armée, impunité et intérêts économiques : les déplacés de Esquipula Guayabal

27 novembre 2021

titre original :
Violencia armada, impunidad e intereses económicos: desplazados de Esquipulas Guayabal
source : Radio Zapatista – https://radiozapatista.org/?p=40456
traduction sans garantie, avec un peu d’aide de www.deepl.com
commentaires bienvenus sur comando-comZ@protonmail.com


Ville de Mexico, 27 novembre 2021. Le dimanche passé 21 novembre, la totalité des famille Zoques de l”ejido’ [1] Esquipula Guayabal situé sur les pentes du volcan Chichonal, municipalité de Chapultenango, Chiapas, ont été violemment délogées, dans une orgie de violence, par un groupe d’hommes masqués, équipés d’habits militaires, de gilets pare-balles et d’armes de gros calibre, dans une opération qui avait été selon toute évidence, planifiée à l’avance, selon l’information reçue par ce moyen de communication [2].

[1] Un ‘ejido’ désigne, au Mexique, une propriété collective attribuée à un groupe de paysans pour y effectuer des travaux agricoles. source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ejido – “terres communales” est aussi une traduction usuelle.
ndt : c’est volontairement que n’ont pas été traduits les termes ‘ejido’ ainsi que les adjectifs et noms ‘ejidales’, ‘ejidatarios’, etc. Il ne semble pas qu’on aurait gagné beaucoup à la compréhension.

[2] ndt : plusieurs fois au cours du texte il est fait mention d’un moyen de communication, ou d’un média, mais je ne comprends pas à quel moyen cela se réfère.

Les femmes, hommes, enfants et personnes âgées délogées sont aujourd’hui encore dans une auberge dans le chef-lieu municipal de Chapultenango, alors que les agresseurs sont toujours dans la colonie, où ils prennent possession des maisons, terres, bien et animaux. Les ‘ejiditarios’ délogés [voir [1] plus haut] dénoncent l’inaction du gouvernement, qui de promesse en promesse laisse les choses aller montrant de manière évidente qu’il n’y a aucune intention de résoudre le problème.

Le contexte dans lequel a eu lieu cette agression montre une trame complexe d’intérêts pétroliers, géothermiques, touristiques et miniers, dans laquelle sont impliqués des capitaux internationaux et l’état mexicain, qui depuis des années met en balance ses intérêts et dépouille les peuples Zoques qui vivent sur ces terres depuis plus de 3’500 ans.


Le déplacement forcé

Ecoute comment certains ejidatarios ont vécu le déplacement, réalisé à partir de témoignages audio reçus par ce média [2] (6 minutes) :

(Télécharge ici)

https://radiozapatista.org/wp-content/uploads/2021/11/testimonios_guayabal.mp3

Ce dimanche-là (le 21 novembre 2021), à 10h du matin, un groupe de 25 à 30 hommes lourdement armés, accompagnés de colons tsotsiles originaires du Rincón Chaumula qui depuis 2009 habitent l’ejido Esquipulas Guayabal, ont fait irruption dans les maisons des habitants zoques et les ont forcé à fuir en les frappant, les menaçant et par des tirs. Une maison a été brûlée et plusieurs animaux ont été tués ou blessés.

La majorité des personnes qui étaient dans leur maison à ce moment étaient des femmes et des enfants, car beaucoup d’hommes étaient aux champs ou à Chapultenango, où l’on va habituellement le dimanche pour faire des achats ou pour régler d’autres problèmes.

Un adolescent témoigne :
J’étais occupé à travailler au champ. Aux environs des 10 heures, j’ai entendu des tirs. Je suis rentré à la maison et j’ai vu que ma maman était en larmes. Elle m’a dit : Je crois qu’ils ont tué des gens parce qu’il y a eu beaucoup de tirs, ils ont battu Don Chevio, qui est le représentant de la colonie. Ils brûlaient des maisons et m’ont dit qu’il fallait que je sorte tout de suite sinon ils allaient me tuer. A ce même moment nous sortons et je vois un groupe armé. Ils brûlaient la maison de Don Chevio. Ils étaient un groupe de dix avec des armes et totalement masqués. Pour entrer dans la ligne du volcan il y avait un autre groupe [ndt: je ne comprends pas cette phrase, traduction littérale]. Ils étaient tous masqués et avec de grandes armes. Il y avait un enfant et il était très triste car il pensait qu’il allait mourir ici.

Et un autre adolescent :
J’ai rencontré Don Eusebio et il m’a dit : “Voilà qu’ils nous ont fait fuir de la communauté, et ta maman, ils l’on frappée, avec la crosse d’un fusil. Alors je suis allé, j’étais à cheval et j’ai vu plusieurs personnes masquées et armées. Ils m’ont vu et ont couru me cacher [id.], ils m’ont fait descendre du cheval et m’ont tout pris, m’ont frappé et m’ont dit qu’ici je ne valais rien, qu’ici la loi ne valait rien, que maintenant ça c’est notre terre, que d’ici personne ne les fera partir.

“Le plus triste pour moi c’est qu’ils ont tué mon petit chien”, dit un petit enfant, “et je suis très en soucis pour mon papa qui a été blessé par un tir”.

Une femme raconte :
J’étais en train de cuisiner quand j’ai entendu un vacarme un peu comme des trompettes. C’était des tirs, mais beaucoup, beaucoup. J’ai fermé ma porte avec un cadenas, parce que je pensais qu’ils allaient passer, sans plus. Mais ils sont entrés dans la véranda et voulaient qu’on ouvre la porte. Ils me disaient : “Ouvre la porte ou on verse de l’essence sur la maison”. Mais, de peur, je ne trouvais plus la clé. Finalement ma fille l’a retrouvée et nous avons ouvert. Ils sont entrés et nous ont dit : “Sortez vite, sans rien prendre”. Nous sommes sorties et ils tiraient des balles, ils tiraient vers les pieds, ils tiraient vers la tête. Regardez ici, ça m’a passé tout près. Ils nous ont suivi avec un pistolet, ma fille devant et moi derrière, car elle était enceinte et courait un danger.

Le désespoir des déplacés est grand, tous ont été surpris, certains sont sortis en sous-vêtements. “Là-bas tout est resté”, disent-ils. Papiers, outils, tous les biens. Certains sont même sortis pieds-nus. Ils se soucient des animaux, car c’est leur moyen de subsistance. Qu’allons-nous manger ? se demandent-ils. De quoi allons-nous pouvoir vivre ?


Contexte

Avec actuellement de nombreux cas dans l’état du Chiapas, la violence découlant d’un conflit agraire exacerbée par l’incompétence de l’Etat voire les manigances qu’il dirige, dans un contexte où les intérêts de capitaux nationaux et internationaux et avec la participation de groupes armés de type paramilitaire ou issus de la délinquance organisée. Ainsi, le cas de Esquipulas Guayabal est ‘paradigmático’ [emblématique [?]] pour comprendre la violence qui au cours de ces dernières années s’est déchaînée de long en large dans l’état du Chiapas.

Pour la suite, nous présentons un bref résumé du conflit agricole.

L’ejido [1] d’Esquipulas Guayabal s’est constitué au milieu des années 1930, et en 1960 comptait 2’400 hectares. En 1982 l’éruption du volcan Chichonal a provoqué la mort de 2’000 zoques et le déplacement de 12’000 familles, relogées dans 22 nouvelles colonies en divers lieux au Chiapas, Jalisco y Veracruz. L’ejido d’Esquipulas Guayabal se divise en quatre groupes qui se sont installés à Ixtacomitán, Rayón, le quartier de Guayabal à Chapultenango et la vallée de Uxpanga à Veracruz.

Avec le temps, les paysans de Chapultenango ont commencé à occuper les terres qui étaient restée à l’abandon, alors que les ejidatarios déplacés par le volcan avaient toujours les titres ejidales. C’est entre 2002 et 2003 que la Procuraduria Agraria a commencé à faire certifier les terres ejidales dans le ‘PROCEDE’, avec ce qui a été prétendu comme priver de leur droit les 130 ejidatarios et reconnaître les nouveaux paysans comme titulaires des terres. Ce fût le début du conflit.

Pour éviter d’être dépossédés, 29 ejidatarios de Rayón sont revenus sur ces terres avec leur familles, les trouvant occupées par les paysans de Chapultenango. Les paysans de Rayón ont ouvert une action en justice devant le Tribunal Unitaire Agraire (Tribunal Unitario Agrario – TUA) exigeant l’annulation du ‘PROCEDE’ sur les 2’400 hectares, mais le TUA a ignoré la demande et, en novembre 2005, les terres ont été certifiées en faveur des paysans de Chapultenango.

Ceci a amené à des confrontations physiques en 2006 et 2009. Cette année, les paysans de Rayón ont encouragé à les rejoindre comme alliés des tsotsiles de Rincón Chamula pour récupérer les terres. Un an après, ils ont intenté un procès agraire exigeant l’annulation du ‘PROCEDE’ et désignant la Procuradria Agraria et le Registre Agraire Nacional comme les responsables du conflit. De leur côté, ceux de Chapultenango ont intenté un procès pour demander la régularisation des terres en leur faveur. En 2012, le TUA a déclaré nul les travaux du ‘PROCEDE’.

En 2016, un groupe de personnes de Rayón, qui semble être une alliance de personnes de Chapultenango et de tsotsiles installés à Esquipulas Guayabal, ont convoqué une assemblée pour faire reconnaître 11 résidents et nouveaux ejidatarios, et en 2019 ont élu de nouvelles autorités, sans prendre en compte l’existence des ejidatarios de Esquipulas Guayabal ni leur participation aux assemblées. Tout ceci, apparemment, avec l’intention de déposséder les ejidatarios de ces terres.

En août de cette années, les ejidatarios ont intenté un procès pour annuler les assemblées. Le 6 octobre passé (2021), le TUA a déclaré nul les assemblées. Six semaines plus tard, visiblement face à la frustration de leur prétentions légales à la terre, le groupe armé a attaqué la colonie et délogé toutes les familles zoques.



Intérêts globaux

Comme dans beaucoup d’autres conflits dans l’état du Chiapas, les querelles agraires sont utilisées et exacerbées par l’Etat pour favoriser les intérêts économiques et le contrôle du territoire. Dans les cas du territoire zoque autour du volcan Chichonal, nombreux sont les intérêts de haut vol qui entrent en jeu.

Depuis 2015, la Commission Fédérale de l’Electricité a désigné 15’000 hectares zone d’intérêt géothermique, avec l’intention de construire une centrale géothermique sur le volcan Chichonal qui est toujours actif. Bien que selon certaines études, le niveau de l’eau du volcan est insuffisant pour la construction d’une centrale géothermique, le projet est toujours en cours.

En 2017, il a été question de réactiver un puits de pétrole durant le cycle pétrolier 2.2. Cycle qui avait des vues sur l’extraction de 239 millions de barils de pétroles sur 84’500 hectares répartis sur 10 municipalités, dont Chapultenango. Le Mouvement Indigène du Peuple Croyant Zoque de Défense de la Vie et du Territoire a réussi à ralentir la soumission internationale en juin 2017. Toutefois, avec la construction de la raffinerie Dos Bocas en Tabasco, qui se trouve à peu de kilomètres en ligne droite du volcan Chichonal, on peut supposer qu’il y a à nouveau un intérêt pour les gisements petroliers de la région zoque.

Dans un même temps, il y a un fort intérêt touristique national et international dans la zone aux alentours du volcan Chichonal. Depuis 2012, l’Université des Sciences et des Arts du Chiapas a fait de la promotion pour la création d’un ‘géoparque’ [parc naturel [?]]. Les avancées de ce dit projet a été la création en 2016 du Centre Ecotouristique Communautaire ‘Mujer de Fuego’ [Femme de Feu [!]] sur les pentes du volcan Chichonal, qui a provoqué des frictions avec les paysans de Esquipulas Guayabal.

De plus, il y a de gros intérêts miniers sur 70’000 hectares de territoire zoque. Lors de la conférence de presse à San Cristóbal de Las Casas [h01], les personnes touchées ont dénoncé qu’en 2017 une entreprise est entrée dans l’ejido [1] de Esquipulas Guayabal avec l’intention de négocier avec les envahisseurs pour acquérir la terre. Ils ont aussi dénoncé que de supposés employés d’une compagnie minière se sont présentés dans les foyers de plusieurs activistes avec l’intention d’obtenir des informations sur les résistances au projet minier. Le mois de juin passé (2021), le Mouvement Indigène du Peuple Croyant Zoque de Défense pour la Vie et la Terre a alerté que les 11 et 12 de ce mois-ci [h02], des agents de la compagnie minière Gold Corporation ont parcouru les ejidos des municipalités de Chapultenango et Ixtacomitán avec l’intention de promouvoir l’entrée de la compagnie minière dans les dits territoires.

[h01] https://www.facebook.com/kinokisancris/videos/330494445137022/
[h02] https://avispa.org/en-chiapas-comunidades-zoques-emiten-alerta-por-incursion-de-mineras/

D’autre part, des employés d’entreprises de agro-industrie sont entrés sur les terres aux alentours du volcan pour proposer des palmiers à huile.

A tout cela s’ajoute l’accord du président Andrés Manuel López Obrador [h03], publié dans le Journal Officiel de la Fédération [Diario Oficial de la Federación] au lendemain de l’attaque à Esquipulas Guayabal, qui déclare d’intérêt public et de sécurité nationale la réalisation de projets et ouvrages associées à l’infrastructure à la charge du Gouvernement du Mexique, acte qui a provoqué son rejet par des organisations sociales, des peuples indigènes et même des instances du gouvernement fédéral.

[h03] https://radiozapatista.org/?p=40446


Acteurs directs et organisateurs

Les auteurs de l’agression étaient les colons tsotsiles installés dans l’ejido depuis 2009, qui se sont joints au groupe armé, composé de 25 à 30 personnes que l’on peut supposer en provenance de Rincón Chamula.

D’après les témoignage des déplacés, les colons tsotsiles se sont depuis quelques années appropriés des terres, au point qu’aujourd’hui ils ont plus de terres que les ejidatarios eux-mêmes. Dans un même temps, au cours de ces dernières années ils ont agressé chaque fois avec plus de violence et plus fréquemment les ejidatarios. Dans les témoignages qu’a reçu ce média [2], de nombreuses personnes dénoncent avoir été frappées à diverses occasions, et leurs demandes à l’Etat n’ont pas été prises en considération. Il y a quatre ans, le groupe tsotsil a agressé avec des piquets et des machettes les ejidatarios en totale impunité.

Cependant, comme organisateur les déplacés accusent le professeur Alejandro M. et le señor Elías L., tout deux de Chapultenango. Le professeur Alejandro M. a été vu circulant dans la colonie en véhicule jusqu’à très tard dans la nuit du samedi. Aujourd’hui on sait que cette nuit-là les membres du groupe armé sont arrivés sur les terres du volcan en tant que touristes et y ont passé la nuit, avant d’entrer dans l’ejido le dimanche à 10 heures.

D’un autre côté, les déplacés identifient aussi l’ex-commissaire Moisés Domínguez Bautista, de Rayón, dont l’élection comme commissaire et son appartenance en tant qu’ejidatario ont été annulés le 6 octobre passé par la sentence du Tribunal Unitaire Agrare n.476/2019. Selon les témoins, le señor Moisés Domínguez ne vit pas dans l’ejido et son unique intérêt est la vente des terres.



Inaction/complicité du gouvernement

Tout ce qui précède contribue à expliquer l’inaction des trois niveaux de gouvernement. Face à l’attaque armée avec des armes utilisées exclusivement par l’armée, les agressions physiques et psychologiques, le déplacement forcé de 35 familles, les destructions et le vol de propriétés, le gouvernement est resté absent. Jusqu’à maintenant, aucune action pour rendre les terres à leurs légitimes propriétaires et punir les coupables n’a été entreprise, et les familles touchées ont été traitées avec indifférence et dédain.

De toutes les personnes qui se sont présentées au ministère public à Pichucalco le dimanche, ils ont enregistré la plainte d’une seule personne. Le lundi, de 8 heures du matin à 6 heures du soir, ils n’ont pris que deux plaintes, ces mêmes plaintes qui ont été suspendues le jour suivant.

Le jour de l’agression sont venus à l’auberge des fonctionnaires du gouvernement de l’Etat de Rutilio Escadón, signifiant clairement que l’intention du gouvernement était d’ouvrir une table de dialogue, sans pour autant désarmer les agresseurs ni garantir le retour des déplacés sur leurs terres. L’arrivée à Chapultenango de la Garde Nationale, que les déplacés supposaient être avec l’intention de garantir la paix et désarmer les agresseurs, a été, selon les paroles du commandant, seulement pour accompagner les polices du secteur et de l’Etat, lesquelles, à leur tour, vinrent pour protéger les autorités.

D’un autre côté, plusieurs réunions ont été annoncées auxquelles le gouvernement n’est jamais venu. Et le Centre de Langue et Culture Zoque a dénoncé [h04] des “actes de harcèlement envers la population hébergée à Esquipulas Guayabal de la part de fonctionnaires régionaux de l’INPI, qui ont fait usage de menaces pour empêcher les familles de parler de manière libre [‘o externar’] de leurs préoccupations aux médias de communication et empêchent de photographier les conditions d’hébergement.

[h04] https://www.facebook.com/CentrodelenguayculturaZoque

Le président municipal de Chapultenango, Rubelio Mondragón, s’est absenté depuis le samedi, le jour qui a précédé l’agression. Pendant ce temps, la municipalité a publié [des informations sur] de supposées actions d’aide à la communauté, alors que durant les premiers jours, l’unique appui reçu par les déplacés a été organisé par l’église, des organisations sociales et la société civile. La présidente du DIF a demandé personnellement à un des organisateur des collectes qu’ils lui cèdent des aliments pour les donner à manger aux déplacés, et plus tard, ils ont publié une note avec des photos, où on le voit donner des biens et de la nourriture. Ont aussi été publiées des photos du président municipal Rubelio Mondragón à Tuxtla Gutiérrez en train de collecter de l’aide pour les déplacés, aide qui n’est finalement arrivée que le mercredi soir après de nombreuses pressions de la part d’activistes solidaires.

Le jeudi 25 novembre, le Secrétariat Général du Gouvernement du Chiapas a publié sur sa page facebook que des fonctionnaires de son entité ont visité l’ejido pour “ouvrir une table de dialogue entre les partis”. Au vu de la dite annonce, le Centre de Langue et de Culture Zoque dénonce :

Presque 5 jours après l’attaque armée (…) nous dénonçons que :

  • L’attaque a eu lieu dans un contexte de violence armée croissante contre des peuples et des communautés indigènes du Chiapas où il y a des intérêts pétroliers, géothermiques, pour des parcs naturels [‘geoparque’] et miniers, comme dans le cas du volcan Chichonal.
  • L’attaque a été coordonnée d’une manière paramilitaire, et n’est pas un déplacement “involontaire”.
  • Le Gouvernement du Chiapas (…) prétend “administrer le conflit” au moyen d’une simulation de dialogue et de réconciliation (…), et malgré cela le groupe d’attaquants est toujours en possession de ses armes.

Le cas de Esquipulas Guayabal n’est qu’un de plus des territoires chimpantèques, où les disputes territoriales ne sont pas seulement le fait de conflits agricoles, mais surtout d’intérêts énergétiques, touristiques, extractivistes et du crime organisé, qui mène à une violence extrême de la part de groupes armés de type paramilitaires qui isolent les communautés, et dont résultent déplacements forcés et terreur, comme dans les cas de Pantelhó, Aldama et beaucoup d’autres, dont résulte aussi la formation de groupe d’autodéfense, face à l’inaction, la complicité ou la participation implicite de diverses instances du gouvernement.


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Etiquetas: Chiapas, desalojo, desplazados, desplazamiento forzado, impunidad, megaproyectos, narcoestado


Pour essayer de comprendre un peu mieux le contexte général de ces violence au Chiapas, nous vous conseillons la lecture -si ce n’est déjà fait- de l’excellent article du 22 septembre 2021, traduction française du 27 septembre 2021 publié par Radio Zapatista